Parcourez la vie d’une fougeraise : celle de Juliette Drouet ! Et découvrez une nouvelle photographie la représentant avec Victor Hugo et sa famille
Une bonne nouvelle !
Le service des Archives municipales a fait récemment l’acquisition d’une photographie représentant Juliette Drouet, Victor Hugo et sa famille dans le jardin de sa maison à Guernesey. Jusqu’à présent, le service ne détenait aucune photographie originale de Juliette Drouet, cette acquisition revêt donc un caractère exceptionnel.

Qui était Juliette Drouet ?
Le début de sa vie
Née en 1806 à Fougères, Juliette Drouet, de son vrai nom Julienne Gauvain, est orpheline à l’âge de 2 ans. Elevée par ses oncle et tante Drouet, elle est envoyée à l’âge de 10 ans dans un couvent parisien, qu’elle quitte à l’âge de 16 ans.
Mademoiselle Juliette embrasse ensuite une carrière de comédienne, connaissant une certaine ascension : passant du vaudeville au drame et des théâtres secondaires à la scène officielle.
Son histoire avec Victor Hugo
En 1833, lors de la représentation de Lucrèce Borgia dans laquelle Juliette Drouet joue le rôle de la princesse de Negroni, Victor Hugo la remarque : « Il y aura après-demain 2 janvier vingt-deux ans que je te vis pour la première fois. Te le rappelles-tu ? Depuis ce moment-là, c’est le 2 janvier que commence pour moi l’année, je dis plus, la vie. »
Maîtresse et muse du plus célèbre écrivain français du 19ème siècle, collaboratrice, première lectrice, copiste, elle va dès lors consacrer le reste de sa vie à soutenir et accompagner dans l’ombre son amant qui la contraint à renoncer à sa carrière de comédienne.
En 1836, lors d’un voyage en Bretagne, Juliette Drouet fait découvrir à son cher « Toto » sa ville natale dont il s’inspirera dans son roman publié en 1874 Quatrevingt-treize. Subjugué, il écrit ces quelques mots à propos de Fougères : « j’ai vu tout cela au soleil, je l’ai vu au crépuscule, je l’ai revu au clair de lune, et je ne m’en lasse pas. C’est admirable. »
En 1852, elle accompagne Victor Hugo dans son exil à Jersey puis Guernesey, sans toutefois partager son toit : il lui loue une petite maison à proximité. La proclamation de la République en 1870 met fin à l’exil de Victor Hugo, qui revient alors en France.
Durant cette idylle de près d’un demi-siècle, Juliette Drouet lui écrira 22 000 lettres (dont près de 300 ont été confiées récemment par la médiathèque aux Archives municipales). Jusqu’à son dernier souffle, elle lui redira son amour, comme en témoigne son ultime lettre du 1er janvier 1883 (elle décède le 11 mai 1883) : « Cher adoré, je ne sais pas où je serai l’année prochaine à pareille époque mais je suis heureuse et fière de te signer mon certificat de vie pour celle-ci par ce seul mot Je t’aime. »
Juliette Drouet est inhumée au cimetière de Saint-Mandé, aux côtés de sa fille Claire (1826-1846) qu’elle eut avec le sculpteur James Pradier. Victor Hugo décède deux ans plus tard d’une congestion pulmonaire. Son corps repose au Panthéon.
La photographie désormais conservée aux Archives municipales est l’œuvre du photographe Valentin Guillon. Elle fut prise durant l’été 1878, lors du dernier séjour de Victor Hugo à Guernesey, dans le jardin de Hauteville House, une demeure qu’il acheta durant son exil.